50 nouveaux nichoirs pour les mésanges

Mercredi, Février 3, 2021

Afin de limiter naturellement l’implantation de la chenille processionnaire du chêne qui se répand de plus en plus en Europe, la Fondation des Evaux a installé 50 nichoirs à mésanges dans le parc. Le succès a été immédiat puisque 48 ont été nidifiés en 2020.

Le projet est né d’une rencontre avec Céline Bartolomucci, étudiante en Master en Biodiversité et fonctionnement des écosystèmes. Elle a mené les recherches permettant de comprendre la problématique et cibler au mieux les besoins du parc.

Rencontre

 

Fondation des Evaux: Comment est né le projet de nichoirs à mésanges ?

Céline Bartolomucci : Ce projet est né suite à ma recherche de stage de première année de Master en Biodiversité et fonctionnement des écosystèmes que je suis à l’Université d’Aix-Marseille. La chenille processionnaire du chêne est un problème de santé publique encore méconnu car elle est beaucoup moins étudiée que la chenille processionnaire du pin. Elle préoccupe toutefois de plus en plus les institutions car sa zone de distribution commence à s’étendre en Europe. La couverture arborée du Parc des Evaux étant constituée à 90% de chênes, la Fondation des Evaux m’a fait part de sa volonté de trouver une solution naturelle à ces envahisseurs potentiels, dangereux pour la santé du public.

 

Quels étaient les buts du projet ?

L’idée initiale était de creuser la question autour de la prédation de ces chenilles par les oiseaux et notamment les mésanges, et de la renforcer afin d’exclure tout recours à des solutions chimiques. Notre but était donc dans un premier temps d’étudier quelle(s) espèce(s) d’oiseaux nous pourrions essayer d’attirer dans le parc en améliorant l’habitat avec la disposition de nichoirs adaptés. Le parc présente des caractéristiques particulières telles qu’une forte présence humaine dans certaines zones et la présence d’une zone forestière plus calme. Ces informations étaient importantes pour anticiper les résultats et évaluer quels oiseaux nous pouvions cibler.

 

Quels ont été les conclusions et les résultats ?

La recherche dans la littérature scientifique m’a permis de voir que, compte tenu des caractéristiques du parc, la mésange charbonnière était la plus à même de pouvoir nous aider. Il s’agit d’une espèce capable de s’adapter (jusqu’à une certaine mesure) à un environnement fortement anthropisé et c’est un des prédateurs les plus efficaces de la chenille processionnaire du chêne, surtout en période de nidification. Grâce à l’aide du Centre Ornithologique de Réadaptation, il nous a été possible de déterminer très exactement les zones et arbres les plus adaptés à recevoir des nichoirs pour mésanges. 50 arbres ont pu ainsi être identifiés selon des critères d’emplacement, de distance entre les nichoirs (afin d’éviter la concurrence entre les nichées), d’orientation et de distance avec les activités humaines (afin d’éviter un dérangement trop important).

Les résultats après une année sont déjà réjouissants puisque 48 nichoirs sur les 50 installés ont été nidifiés.

 

Nom complet de l’étude menée par Mme Bartolomucci :

Etude sur la chenille processionnaire du chêne et d’un de ses prédateurs naturels, la Mésange charbonnière - Cas appliqué au parc de loisirs des Evaux, plus grand parc urbain de Suisse (2019)

 

Photographie: Carlos Salgueiro